Qu'est ce qu'un
kanoun ?

Le Kanoun est un simple trou d'environ 40 cm de diamètre et profond de 15 à 20 cm, situé dans la pièce principale de la maison berbère et dans lequel les gens faisaient un feu.

Ce feu servait soit à faire la cuisine, soit à se réchauffer.

Mais ce n'est pas tout !

Le Kanoun c'est surtout le pilier de la maison berbère !

C'est autour de lui que tous se retrouvaient à l'époque où la télé et les ordinateurs n'existaient pas !

C'est autour du Kanoun que les aînés transmettaient aux plus jeunes nombre de trésors tels que les légendes du village, les histoires des anciens ou encore les histoires de Djeha (notre Toto kabyle).

C'est le crépitement de ce feu qui me donnait du réconfort lorsque, tout petit, je me laissais aller à mon imagination dans ma couchette, située au-dessus du tagrurt (petit coin de la maison réservé au petit bétail).

Comme je me souviens de cette chaleur que m'apportaient, en plus de celle du Kanoun, tous ces animaux qui faisaient partie intégrante de la maison.

J'entends encore le doux mélange des voix pleines de joie de mes parents et de celles mes grands parents !

Ces voix rassurantes qui m'attiraient me poussant ainsi à quitter ma couchette pour aller les rejoindre, pour aller me blottir dans les bras de Setti (ma grand-mère), qui me susurrait à l'oreille ces merveilleuses histoires du fameux Djeha, en me caressant tendrement les cheveux !

Je me laissais alors complètement guidé par Setti, qui me faisait voyager dans le temps, dans l'espace.

Les flammes de Kanoun s'emparaient alors des murs de la maison, en ombre chinoise, puis devenaient dans mon esprit les personnages vivants de toutes ces contes.

Sans radio, sans télé, sans même un livre, Setti, avec sa simple voix, me faisait vivre des histoires extraordinaires.

Ce moment si simple et exceptionnel tout à la fois, symptomatique de l'insouciance et du bonheur de l'enfance, je l'ai gardé au fond de moi comme un précieux trésor.

Et c'est, en souvenir de ces chaleureuses soirées avec les miens que j'ai souhaité rendre hommage à ce feu propice aux échanges, aux partages et aux rires, lorsqu'en en 1994, j'ai ouvert mon restaurant oriental : Couscous / Tajines, à Charenton Le Pont à proximité de Bercy et du bois de Vincennes.

C'est à Charenton dans le Val de Marne (94), à proximité de Paris (métro liberté), que j'ai décidé d'implanter mon Kanoun à moi, Arzak, pour pouvoir vous faire découvrir la cuisine algérienne, autour de ce feu qui ne s'éteindra jamais dans mes yeux d'enfant, et que j'ai tant de plaisir à partager aujourd'hui avec mes clients, toujours avides de découvertes.

C'est pour que le dépaysement soit total (en plus de celui purement culinaire), que j'ai pensé chaque recoin de mon restaurant afin de lui apporter une touche totalement kabyle. La décoration est typiquement kabyle et repose sur les symboles kabyles, les couleurs kabyles, les matériaux kabyles.

Venir au Kanoun, à Charenton, c'est en quelque sorte venir en Kabylie !